Il était une fois, dans une vallée, le Muscardin

contournement Est de Rouen, A133-A134, projet inutile et imposé

Il était une fois, dans une vallée, le Muscardin

sauver le muscardin
Il était une fois, dans une vallée, le Muscardin
Il était une fois, dans une vallée, le Muscardin

Il était une fois, au fin fond d’une vallée, dans un espace encore relativement protégé, un curieux petit animal : le Muscardin.

Il est de la même famille que le Loir ou le Lérot, c’est un gliridé, le Muscardin.

Si vous en avez un dans votre jardin, il ne s’attaquera pas à vos réserves de fruits ni ne viendra semer la zizanie dans votre grenier car il vit à l’écart des humains, le Muscardin.

En revanche, si vous avez un noisetier, il viendra prélever son tribut… de quelques noisettes chaque nuit, car il est nocturne, le Muscardin.

Et vite, vite avant l’hiver, il doit emmagasiner suffisamment de nourriture pour constituer une réserve de graisse qui lui permettra de rentrer en hibernation de fin octobre au mois de mai, le Muscardin.

Son surnom ? Croque noisettes mais aussi le petit rat d’or, en raison de sa couleur.

Il est tout petit le Muscardin, à peine plus gros qu’une souris mais sa queue est démesurée et touffue, elle lui permet de s’accrocher aux branches, on dit qu’elle est préhensile.

Il est acrobate le Muscardin, il se faufile dans les ronciers, saute de branches en branches ce qui lui permet d’échapper plus facilement à ses prédateurs.

Il a de gros yeux noirs le Muscardin, il est nocturne, mais parfois, en septembre, on peut l’apercevoir, en fin de soirée, en quête de noisettes.

Il a une bien belle vie, le Muscardin du fin fond de la vallée. Ailleurs, on taille les lisières, on détruit les ronciers, on pille son habitat. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il y a disparu. Mais dans ce fin fond de vallée, il a le gîte et le couvert. Il peut se reproduire et perpétuer son espèce.

Une vie en or pour ce petit rat d’or qui peut dormir tranquille sur ses deux oreilles.

Mais voilà !  Cette jolie histoire de Muscardin du fin fond de la vallée risque de bien mal se terminer.

Car mon territoire est le lieu d’un sombre projet. Les humains veulent construire une autoroute. Les humains ? Non, pas tous les humains. Pas ceux qui veillent sur ma vallée. Je les vois, les entend parler, je les ai même autorisés à me prendre en photo car ces humains là pratiquent la gestion écologique Ils laissent des ronciers, ils cueillent les mûres pour en faire des confitures. Ils ne détruisent pas les lisières brutalement mais de façon partielle, étalée et ne coupent pas les noisetiers ! La seule chose un peu dérangeante se sont leurs vaches poilues qui de temps en temps remuent les ronciers un peu trop fort.

Mais les travaux prévus seraient bien pires qu’un troupeau de vaches poilues dans un roncier. Imaginez une trouée de 70m de large traversant la vallée de part en part ! Des engins énormes, du bruit, de la poussière, de la pollution, des arbres arrachés, ma ressource pillée, ma famille éclatée et moi affamé.
Que puis-je faire moi, petit Muscardin de 40 grammes, contre des machines qui se comptent en tonnes !
Pourtant, je suis un animal protégé, je suis sur la liste rouge mondiale de l’UICN, la liste rouge des mammifères de Haute-Normandie (2013) (listé Muscardinus avellanarius), statut NT : quasi menacée (espèce proche du seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises)
Lors des enquêtes préliminaires, personne ne m’a trouvé et pourtant je suis présent dans la vallée depuis longtemps et j’ai probablement des cousins ou des oncles le long de cette future autoroute. Il est vrai que je ne suis pas facile à observer et pourtant avec un peu de bonne volonté… Je sème mes noisettes un peu partout et je suis le seul à les grignoter ainsi !

En parlant de cousins, mes cousins Hollandais ou anglais ont bien de la chance eux ! Des programmes de sauvegarde ont été créés spécialement pour eux !

Croque noisettes

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Le muscardin : comment sauver une espèce quasi menacée ?

Le Muscardin est une espèce parmi tant d’autres…
Voué à disparaître en silence
Car on ne peut déplorer
Que la perte de ce que l’on connaît !

Et pourtant il est emblématique des milieux en bon état écologique, des milieux sauvages, épargnés par la mécanisation. Il ne peut survivre dans des milieux dégradés. C’est un animal de haies et de bocage. Or, les travaux et l’artificialisation de la vallée une fois l’autoroute construite entrainera un tel changement du milieu naturel que sa survie y est grandement compromise.

Myriam Jouanny
Paysanne bio
Saveur sauvage
Heureuse observatrice du Muscardin

Dans le même bateau pour les dommages collatéraux de l’autoroute.

 

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