le contournement en bref

contournement Est de Rouen, A133-A134, projet inutile et imposé

le contournement en bref

augmentation des émissions de polluants

Les objectifs du projet

  • Détourner du cœur d’agglomération une grande partie des trafics de transit et d’échange, notamment de poids lourds ;
  • Décongestionner les voies pénétrantes sur l’agglomération et apaiser la circulation dans le cœur de la métropole rouennaise ;
  • Améliorer les liaisons entre l’agglomération rouennaise et l’Eure.

Les grandes lignes du projet

tracé A133-A134
tracé A133-A134
  • 8 viaducs ;
  • 41,5 km d’autoroute à péage ;
  • 886 millions HT euros 2015.

La longue histoire du contournement Est

Pourquoi sommes-nous opposés ?

1 – Rouen serait toujours saturé après la réalisation du contournement :

Rouen : gains de temps estimés par la Dreal sans l'autoroute ou avec l'autoroute
Rouen : gains de temps estimés par la Dreal sans l’autoroute ou avec l’autoroute

Mais pourquoi ?

circulation dans Rouen

Rouen resterait saturé car :

Le prix du péage annoncé par la Dreal est de 10 c € / km (valeur 2010) pour les VL, 30 c € / km (valeur 2010) pour les PL. C’est le prix qui serait attractif pour les usagers, selon eux.

Isneauville-Val-de-Reuil : 35 km = 3,50€ HT 2010 l’aller VL – 10,50€ HT 2010 l’aller PL .

Isneauville – Rond-point aux vaches : 28km = 2,80€ HT 2010 l’aller – 8,40€ HT 2010 l’aller PL

trafics-interne-echange-transit
trafics-interne-echange-transit
trafic internes, d'échange et de transit - Métropole Rouen Normandie
trafic internes, d’échange et de transit – Métropole Rouen Normandie

Ainsi donc, un usager VL qui fait Isneauville Sotteville tous les jours, 12 km, devrait faire 34 km, dont 28 d’autoroute, payer 7,5 € TTC /jour aller-retour, et se retrouver au rond-point des vaches et dans les bouchons sur le boulevard industriel.

3 fois plus de kilomètres, de carburant, de pollution, et avec cela une perte de temps bien prévisible. 7,5 € par jour pour perdre du temps ?

Sans compter que c’est le concessionnaire qui déciderait du tarif de péage, celui de la Dreal n’est qu’indicatif. A son lancement en 2015, le tarif de l’A150 était de 22 centimes / km.

L’autoroute va-t-elle désengorger la ville du trafic de transit ?

trafic-de-transit
90% du trafic de transit sur un axe Est-Ouest, 55% ne quitte pas l’A13.

Sur la base de 89,1 % du trafic de transit qui va d’Est en Ouest, seuls environ 1000 poids-lourds seraient potentiellement concernés, ceux de Calais à Paris, et de Calais à Orléans. 0,08% du trafic. Encore faudrait-il qu’ils n’évitent pas les péages.

Un petit détail : qu’est-ce qui distingue un camion d’un autre, en interne, en échange ou en transit ? Pour le trafic interne, la plaque d’immatriculation. Pour ce qui concerne l’échange ou le transit, les plages horaires : le matin, il y a plus de chances que ce soit de l’échange, car les livraisons s’effectuent le matin, « just in time ». Le trafic d’échange n’est pas concerné par les interdictions de circuler.

Pour ce qui est des échanges VP, ceux-ci se font entre le cœur d’agglomération et les autres EPCI et la capitale. Le contournement ne résout rien.

1 milliard € pour détourner (peut-être) 1000 poids-lourds et ne pas apporter de solutions pour les 1,2 millions de véhicules en interne, n’est-ce pas excessif ?

2 – 540 hectares de terres naturelles, agricoles et forêts artificialisées

Et cela sans compter l’artificialisation due aux ZACs, comme celle de la Ronce, ou près de 80 hectares de terres sont prêtes à être artificialisées, près de l’entrée de cette autoroute.

biodiversité

Faune et flore menacées
Faune et flore menacées

terre fertile

Des terres détruites

puits de carbone

Forêts et paysages saccagés

3 – Le climat :

50 000 tonnes de CO2 par an émis en plus avec le contournement (trafic induit, vitesses élevées, allongement des distances…)

4 – L’eau potable en péril :

tracé-A133-A134-captages et bétoires
tracé-A133-A134-captages et bétoires

Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) recherche de nouveaux captages pour Rouen dans un horizon de 10 ans. Il ne fait pas ses recherches autour des actuelles zones hydrogéologiques, aujourd’hui résilientes, mais dans des zones bien plus éloignées. Poses-Val-de-Reuil est un bon candidat pour une interconnexion :

secteurs potentiels de ressources nouvelles -BRGM pour la Métropole Rouen Normandie
secteurs potentiels de ressources nouvelles -BRGM pour la Métropole Rouen Normandie

Les captages actuels, situés directement sous l’autoroute sont éliminés. En prévision du risque ?

5 – Les impacts pour les humains :

Évidemment, si le CO2 augmente, les émissions de polluants seraient en nette augmentation :

impact de la mise en place du projet

Si l’impact de la mise en place du projet évoque les PM (particules fines), elle ne prend en compte que les particules PM10 et PM2,5, et n’évoque pas les PM0,1 (inférieures à 0,1 µm), les plus dangereuses pour la santé, car elles traversent les bronches et même la paroi placentaire, contaminant les bébés en gestation.

Plus de 90 % des particules émises par les derniers diesels sont ultrafines. Ce n’est pas leur poids qui compte, c’est leur nombre.

Gilles Dixsaut : « Ce qu’il faut mesurer, c’est le nombre et la surface. Les derniers modèles diesel émettent le nombre de 600 milliards de particules ultrafines au kilomètre ».

Un exemple parmi d’autres : Rond-point des vaches (qui ont peut-être préféré s’immoler que voir l’autoroute arriver chez eux, à moins que ce ne soit la colère des gilets jaunes qui ne veulent pas non plus d’autoroutes…).

Les émissions préconisées par l’OMS ne figurent même par sur le graphe. Mais on ne prend pas en compte non plus les particules ultrafines, les plus nombreuses.

6 – Des investissements en grande partie publics et des bénéfices 100% privés.

Public

490 millions €

55% de l’investissement.

0% des bénéfices.

  • Région : 157 M€
  • métropole : 66 M €
  • département 76 : 22 M€
  • État : 245 M€

Le département de l’Eure a choisi de se désengager (-25 M€), mais devra s’acquitter des raccordements (15 M€).

D’autres collectivités devront faire de même, et financer les raccordements, en plus de l’investissement.

Privé

400 millions €

45% de l’investissement.

100% des bénéfices.

Avant les propositions, un constat :

parts modales des déplacements - source Métropole Rouen Normandie - enquête ménages déplacements
parts modales des déplacements – source Métropole Rouen Normandie – enquête ménages déplacements
part modale des déplacements

1,365 million de déplacements dans l’aire métropolitaine, incluant Elbeuf, la Case, le Trait. 874.000 pour l’agglo rouennaise, et 246.000 pour Rouen.

15% des déplacements en auto font moins de 500 mètres. 5 minutes à pied. 200.000 déplacements en auto de moins de 500 mètres. Tu vas chercher ta voiture, à 50 ou 100 mètres, tu l’ouvres, tu mets le contact, tu quittes le stationnement, tu cherches une place 500 mètres plus loin, tu prends un ticket (ou pas si gratuit), tu fermes la voiture, et tu te rends à destination, 50 ou 100 mètres plus loin…

Ne sommes-nous pas équipés de naissance d’une paire de jambes pour la plupart ?

1 kilomètre, c’est 10 minutes à pied, et 3 minutes à vélo. Et en plus, c’est bon pour la santé, sauf s’il y a trop d’autos et de pollution. Mais s’il y a moins de voitures, il y a à la fois moins de congestion, moins de pollution, moins de danger, et plus de plaisir à se déplacer en vélo ou à pieds. Et ça ne coûte rien.

Des propositions alternatives :

  • mettre en place des interdictions de circulation maintenant ;
  • réaliser les accès du pont Flaubert, prévoyant un accès pour les poids-lourds vers le boulevard maritime. On peut séparer les flux VL et PL ;
  • Lutter contre la périurbanisation des foyers et des entreprises, ce qui éloigne encore plus l’employé de sont lieu de travail ;
  • Offrir de vraies solutions alternatives de transport : transports collectifs (train, BHNS, bus, navettes…) en garantissant le cadencement horaire, l’amplitude horaire, les correspondances, et des arrêts proches des besoins des utilisateurs, une forte baisse tarifaire sur les abonnements et cartes 10 voyages pour fidéliser les usagers ;
  • Remettre en service la ligne Rouen-Évreux ;
  • Engager le doublement Paris-Mantes, nécessaire à toute la Normandie ;
  • Construire la Gare de Rouen Rive Gauche et assurer le raccordement en amont de Malaunay ;
  • Plus de places pour les vélos dans les rames ;
  • Plus de parkings-relais avec des solutions de rabattement efficaces et peu coûteux ;
  • Inciter les entreprises et administrations à organiser le covoiturage ;
  • De la place – sécurisée – au vélo en ville, entre la ville et les communes voisines, et entre les villes.

Quand arrêtons-nous cette gabegie ? Quand construirons-nous de vraies alternatives pour la mobilité des Normands ?

 

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