étalement urbain ou périurbanisation

contournement Est de Rouen, A133-A134, projet inutile et imposé

étalement urbain ou périurbanisation

étalement urbain

synthèse sur les effets d’un mécanisme non anticipé et difficile à maîtriser

Contournement Est A133-A134 (ex A28-A13) : Une périurbanisation non anticipée qui va à l’encontre des schémas d’aménagement et de déplacements du territoire, et à l’encontre des objectifs du projet.

Un des objectifs du projet est de délester le centre-ville de Rouen. Or la périurbanisation attendue va augmenter la circulation en centre-ville.

L’étude d’impact et les documents cités par l’étude donnent les explications :

1 – Démographie : La Haute-Normandie connaît une croissance démographique modérée. Depuis 2006, la région a gagné de l’ordre de 30 000 habitants, soit une progression de 0,3 % par an seulement (la moyenne nationale s’établit à 0,5 % / an). La région enregistrant davantage de départs que d’arrivées : sur la période 2006-2011, la région a ainsi perdu plus de 10 000 habitants au titre du solde migratoire.

La zone d’emploi de Rouen compte, en 2011, 825 000 habitants, avec une progression de 0,3 % par an.

À périmètre constant, la zone d’emploi de Rouen connaît, depuis le début des années 1990, un net ralentissement de sa croissance démographique. Cette croissance démographique est exclusivement portée par le solde naturel.

Entre 1999 et 2011, le pôle urbain de Rouen, comptant pourtant plus de 460 000 habitants répartis dans 51 communes n’a enregistré une croissance que de 1 450 habitants.

La progression de la démographie de l’actuelle métropole a été de moins de 500 habitants par an pendant 35 ans (+0,1 % / an en moyenne de 1975 à 2011).

Le pôle urbain central constitué autour de Louviers – Val-de-Reuil, dont l’objectif fixé par la CASE est qu’il atteigne l’équivalent de la taille d’une ville moyenne (45 000 habitants environ). Pour le pôle urbain Louviers-Incarville-Val-de-Reuil (moins de 35 000 hab.), cela représente un objectif de hausse de la population de 30 %, et de 20% si l’on étend le périmètre à Léry et le Vaudreuil.

C’est un objectif très volontariste, si l’on considère la baisse de la population de Val-de-Reuil depuis 2008 (-730 hab) et celle de Louviers (-1000 hab depuis 1982).

De 2008 à 2013, huit des dix principales communes de l’Eure perdent des habitants, -1,1% par an pour Val-de-Reuil, et -0,2% par an pour Louviers.

La croissance démographique concerne avant tout les communes situées en périphérie des agglomérations, alors que beaucoup de villes-centres voient leur population baisser, parfois de manière significative. Le rôle que jouent les espaces périurbains dans la dynamique démographique d’ensemble est considérable : alors que les communes périurbaines et multipolarisées concentrent 1/3 de la population, elles ont capté plus de 90 % de l’accroissement démographique de la zone depuis 2006.

Ce qu’on peut constater en visualisant ces trois cartes (source Crea), c’est qu’avant 1975, c’est au cœur de l’agglomération que l’on construisait les logements. Mais depuis les années 2000, on constate l’accélération de l’étalement urbain, notamment sur les plateaux Est et Nord.
Et pourtant, ces populations qui vont habiter en zones périurbaines, à 15, 20, 30 km, continuent de se rendre au travail dans le cœur d’agglomération, ainsi que le montre la carte des principaux flux domicile-travail au sein des bassins de vie.

Le PADD de la métropole qui prétend faire une priorité la lutte contre l’étalement urbain relève de la tartufferie :

« Le SCOT est garant de la bonne gestion des sols : il affirme le principe d’une gestion économe et d’un usage rationnel de l’espace et fait de la lutte contre l’étalement urbain, c’est-à-dire le grignotage progressif et la régression des surfaces naturelles, agricoles et forestières, une priorité.
La recherche d’un aménagement qui soit économe de l’espace passe par une stratégie de renouvellement urbain, de densification des tissus bâtis, d’optimisation de l’efficacité foncière des zones à urbaniser enfin. Cette stratégie doit répondre aux grands enjeux tant environnementaux (écologie, climat, énergie) qu’économiques (agriculture, équipements publics).
Les espaces naturels et agricoles sont appréciés comme une ressource non renouvelable dont il est essentiel d’assurer la préservation. La stratégie de réduction de la consommation d’espaces naturels et agricoles est abordée au regard de la consommation passée ; elle est appréhendée en fonction de l’organisation spatiale. Les objectifs chiffrés de limitation de la consommation d’espaces naturels et agricoles trouvent leur traduction dans le Document d’Orientation et d’Objectifs (DOO), qui intègre pour la partie du territoire couverte par le Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande, le potentiel d’urbanisation défini dans la Charte du Parc. »

Il est vrai que le respect de la charte des parcs naturels régionaux protège effectivement le parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande, empêchant toute velléité de réaliser le contournement ouest éloigné de Rouen, passant par Duclair et la forêt de Roumare. Il devait permettre de relier l’A150 et l’A151 à l’A28 au sud (Barentin – Duclair – Bourg-Achard). La nature et les habitants disent merci à ce classement.

Mais le développement économique, du BTP et des promoteurs immobiliers passe désormais par les plateaux Nord et plateaux Est et sud de la métropole de Rouen, et le contournement espéré passerait de fait à l’Est, sans parvenir à relier directement l’A28.

Mais, autre énorme avantage, il permettra, s’il se fait, de réaliser des bénéfices bien plus gros en privatisant la dernière route nationale du contournement à 100 km de Paris.
Et bien sûr l’étalement urbain, la rocade rouennaise – mais à péage et privatisée, et la périurbanisation des activités économiques, logistiques et tertiaires sur ces zones non protégées.

2 – Logements : Des objectifs « très ambitieux » sont affichés, qui dépassent de beaucoup la croissance démographique stable -> 61 200 logements, en fourchette basse des objectifs.

INSEE : En Normandie, le parc de logements s’accroît cinq fois plus vite que la population.
En Normandie, le parc de logements s’accroît de 1,0 % par an entre 2010 et 2015, un rythme cinq fois plus rapide que pour la population. Les besoins en nouveaux logements résultent de deux facteurs :

  • la diminution de la taille des ménages, qui reste le premier moteur de l’augmentation du parc et provient essentiellement de la décohabitation,
  • la croissance démographique, même si celle-ci ralentit depuis 2010 et ne stimule plus autant l’expansion du nombre de logements qu’entre 1990 et 2010.

Pour cinq logements créés, deux logements vacants

Toutefois, la croissance du parc de logements restant nettement supérieure aux besoins générés par la croissance de la population et par la décohabitation, le nombre de logements vacants a beaucoup augmenté au cours des cinq dernières années (+ 5,4 % par an).

Métropole :

  • construction de 50 à 60 000 logements, prioritairement dans les espaces urbains de l’agglomération ;
  • accueil de l’ordre de 40 000 habitants supplémentaires d’ici 2030.

Avec un gain de population de 1 450 hab. de 1999 à 2011 (sur 460 000 hab.), l’objectif présenté apparaît démesuré.

Entre Seine et Bray :

  • construction d’environ 5 800 logements d’ici 2030.

Anciennement rural, nous dit l’étude, le Pays entre Seine et Bray connaît depuis plusieurs décennies un développement résidentiel très important, et compte aujourd’hui 50 000 habitants inclus dans l’aire urbaine de Rouen.

C’est un territoire, au nord et au nord-ouest de Rouen, qui est traversé par 2 axes importants : la RN31 et l’A28.

Le bilan Loti et l’étude socio-économique de l’A28 expliquent que, « lors la réalisation de cette autoroute, la périurbanisation massive n’a pas été anticipée. Bien que la fonction de l’autoroute n’était pas de faciliter les échanges quotidiens entre les agglomérations de Rouen, il a joué un rôle de catalyseur de l’étalement urbain pour ces agglomérations.

Un ménage supplémentaire en périphérie urbaine, c’est bien plus qu’un déplacement quotidien aller-retour en voiture individuelle de plus, c’est plutôt 3 à 4 !

Les effets de cet étalement urbain sur les trafics sont plus que proportionnels : les déplacements de populations, de 10 à 15% en 10 ans, ont généré des augmentations de circulation qui dépassent les 30 voire 50%, soit 3 à 4 fois plus ! (le bilan Loti met bien un point d’exclamation) Un ménage supplémentaire en périphérie urbaine, c’est bien plus qu’un déplacement quotidien aller-retour en voiture individuelle de plus, c’est plutôt 3 à 4 ».

C’est aussi ce que l’on constate dans l’étude : plus les ménages s’éloignent en périphérie urbaine, plus le nombre de véhicules par foyer augmente, faute de transports collectifs à disposition.

Outre les effets de la congestion urbaine induite par la périurbanisation, celle-ci grignote peu à peu les terres agricoles et naturelles et participe activement au mitage des territoires.

Ce que rappelle l’Autorité environnementale, citant le bilan LOTI de l’autoroute A28 : « le fort impact de A28 sur le développement périurbain, notamment à proximité de Rouen, n’a pas été réellement anticipé et n’a donc pas été accompagné ou orienté. Il convient d’être attentif à ces aspects lors de l’étude des projets futurs ».

Seine-Bord :

  • Cela pourrait se traduire par l’augmentation ou l’étalement de la zone périurbaine où les ménages pourront trouver des logements (et/ou terrains) à prix abordables pour eux tout en conservant un temps de parcours acceptable.
  • rend possible des requalifications de voies (avant chargées en Poids-Lourds, par exemple la RD6014 ou la RN31) pour y insérer du transport collectif (en site propre ou non) ou améliorer la circulation des modes doux. Ce type de requalification peut s’accompagner d’un regain d’intérêt pour le centre-ville et offrir des opportunités pour des opérations de logements.
  • objectif ambitieux : gain de 7 000 à 8 000 habitants par rapport à 2011. 4 500 nouveaux logements qui devront être construits pour satisfaire aux besoins induits par un tel objectif de croissance démographique.

Andelle :

  • une soixantaine de logements qui devraient être construits annuellement jusqu’en 2020.

Un objectif jugé raisonnable par l’étude d’impacts.

Nous ne décelons pas cette anticipation, accompagnement et orientations dans l’étude de l’A28-A13, sauf sur le fait qu’il y aura périurbanisation massive, et rechargement des axes qui auront potentiellement été délestés par l’autoroute.

Chaque agglomération, communauté de commune (sauf CC Andelle) ou métropole a des objectifs  vraiment optimistes de croissance de la population par rapport au constat de stabilité de la population depuis des décennies, et aux prospectives qui ne permettent pas de percevoir une croissance, hors du solde naturel en baisse. A part les déplacements induits par la périurbanisation.

L’agglomération de Rouen, de 2006 à 2011, n’a connu que 0,1 % par an de croissance démographique.

La contre-expertise du CGI a donc recommandé à la maîtrise d’ouvrage de revoir à la baisse les prévisions de croissance démographique en cohérence avec la vision plus prudente du taux de croissance annuel du PIB.

Ainsi que l’indique l’AURBSE (agence d’urbanisme de Rouen et des Boucles de Seine et Eure), face à « l’attente magique » qu’une telle infrastructure suscite après des acteurs locaux, en l’absence de stratégie, ce n’est pas elle qui créera le dynamisme, pas plus qu’elle n’apportera à elle seule, une meilleure sécurité, une moindre congestion, une moindre concentration de pollution.

« l’attente magique » que l’autoroute suscite après des acteurs locaux, et l’absence de stratégie

En matière d’habitat et d’économie : éviter une périurbanisation renforcée et « toujours plus loin » et le mitage par de petites zones d’activité.

« Sans aucune maîtrise et sans volonté d’un minimum d’anticipation, un certain nombre d’intérêts s’ils sont cumulés risquent d’entraîner des développements générateurs de graves dysfonctionnements au plan global.

Il y a en effet convergence entre les intérêts des ménages en quête de l’accession à la propriété mais contraints par les coûts fonciers de se reporter de plus en plus loin, ceux des entreprises qui recherchent la visibilité, l’effet « vitrine » et la meilleure accessibilité par les axes routiers et ceux des communes qui espèrent profiter de l’infrastructure pour se développer, attirer de nouveaux habitants et créer des emplois. » (AURBSE, Synthèse Contournement Est de Rouen, liaison A28-A13 AUR1082_2uu6kh.pdf)

Sur l’habitat, l’AURBSE note que si aucune mesure n’est mise en oeuvre, il y aura un impact sur les coûts du foncier dans un périmètre plus large qu’actuellement. Dans ces conditions, la périurbanisation aura toutes chances de se reporter sur des communes plus lointaines, même si l’on peut penser que le coût du carburant en minimisera quelque peu l’ampleur. Les nouveaux espaces ouverts pour la maison individuelle attireront nombre de ménages, en particulier des jeunes et/ou des primo accédants, ce qui contribuera à renforcer la ségrégation socio-spatiale.

Sur les zones d’activité, l’AURBSE note que les acteurs privés (aménageurs, commerciaux, artisans…) d’une manière générale, exercent une forte pression auprès des maires pour que la création de zones d’activités soit autorisée, notamment au plus près des échangeurs, lieux particulièrement convoités par les commerciaux et les transporteurs.

Certains élus de communes rurales sont légitimement soucieux de créer des emplois sur place afin de minimiser la dépendance de leurs communes, et sont sensibles à « l’effet magique ».

Il y a donc convergence d’intérêts des acteurs privés et des élus, et le risque est grand que se créent de nombreuses petites zones d’activités et/ou commerciales, souvent inférieures à 10 hectares, pensées dans une logique communale mais surtout dans une logique d’opportunité et non de besoin.

L’AURBSE conclut sur les zones d’activité que leur accessibilité n’est, dans la plupart des cas, possible que par le mode automobile et qu’elles ne sont pas suffisamment vastes pour intégrer des services aux entreprises. Elles concourent à la fois au mitage du paysage et à l’augmentation du trafic automobile induit par l’activité elle-même et le déplacement des salariés.

Sur les espaces agricoles et naturels, l’AURBSE note que périurbanisation et zones d’activités sans maîtrise risquent également de faire subir à l’agriculture, dont les terres sont reconnues de qualité, de fortes pressions et de mettre à mal une activité économique dynamique.

S’agissant des forêts et des espaces naturels, leur qualité a été maintes fois soulignée notamment lors du débat public et la décision ministérielle a insisté sur leur nécessaire prise en compte. Risques de morcellement des espaces, de ruptures de linéaires de promenades, d’entrave à l’accessibilité, en particulier si l’urbanisation est mal maîtrisée.

Sur les déplacements, selon l’AURBSE, afin d’éviter l’engorgement des infrastructures, la réorganisation des circulations avec notamment la création de TCSP et la mise en place de parkings de rabattement est la condition « sine qua non » sans laquelle le contournement a toutes les chances de créer de graves dysfonctionnements du fait de l’augmentation des déplacements induits, et une évaluation d’expériences antérieures a mis en évidence qu’une augmentation de population périurbaine avait sur les flux de déplacements une conséquence de 1 à 3.

Faute d’anticipation, les objectifs assignés au contournement Est/liaison A28-A13 ne pourront être atteints. Les axes pénétrants ne seront pas désengorgés et supporteront même un trafic augmenté, ce qui interdira toute requalification. L’infrastructure elle-même ne sera pas à l’abri d’être à terme saturée.

Or, la question des rabattements et des TCSP est posée par le CGI au maître d’ouvrage (pièce K mémoire réponse p. 5) :

Le CGI recommande de valider l’hypothèse de maintien des choix de mode de transport (transport en commun ou collectif) dans les zones desservies par le projet de contournement.

La contre-expertise recommande d’éclaircir les raisons pour lesquelles le projet ne modifiera sans doute pas les choix modaux dans les zones desservies et d’éclairer la question de la dimension plus longue distance de la concurrence modale.

En réponse, le maître d’ouvrage avance qu’ une analyse des itinéraires des usagers VL effectuant un trajet interne à la Métropole et empruntant le projet a été réalisée pour chaque section de la nouvelle infrastructure.

Celle-ci a mis en évidence que les flux captés par l’infrastructure nouvelle ne disposaient pas d’offre en transports collectifs existante concurrentielle.

Il n’existe pas, entre les secteurs nord de l’agglomération, les plateaux Est et la vallée de l’Andelle, d’itinéraires de transports en commun concurrentiels.

Il en va de même pour les liaisons entre les plateaux Est et la vallée de l’Andelle d’une part et le secteur de Rouen rive-gauche d’autre part. Ces trajets, soit ne présentent pas d’itinéraires de transports en commun concurrentiels, soit proposent des itinéraires en transports en commun dont la compétitivité est limitée (ruptures de charge et long temps de parcours).

Le maître d’ouvrage cite cependant une offre de transport ferroviaire entre Louviers et la Gare de Rouen-Rive Droite [il s’agit en fait d’une offre entre Val-de-Reuil et Rouen droite, NDR]. Pour tous ces usagers la concurrence du mode routier est préexistante de par l’existence d’une liaison routière de qualité via l’A13.

Le maître d’ouvrage indique que les documents de planification des principales collectivités concernées ne laissent pas envisager le développement d’un réseau de TC directement concurrentiel avec l’infrastructure nouvelle, et a conclu qu’il n’existe globalement pas de concurrence entre le réseau de transports collectifs existants et futurs et l’infrastructure projetée et donc que l’hypothèse selon laquelle la mise en service du projet ne modifiera pas la répartition modale, pour les flux qui l’emprunteraient, est acceptable.

Le CGI relève, en outre, qu’à l’échelle interurbaine, l’évaluation n’a pas pris en compte la question de la concurrence modale. Le maître d’ouvrage convient que l’utilisation d’une modélisation de trafics strictement routière, assortie d’une hypothèse de stabilité des parts modales, constitue une approche simplificatrice.

Il apparaît cependant que la concurrence modale sur les grands itinéraires concernés par le projet A28-A13 est aujourd’hui marginale et devrait le rester au vu des programmes d’investissements actuels. Faute d’offre ferroviaire ou fluviale performante, le mode routier est en effet largement prédominant sur ces itinéraires nationaux.

La réalisation du projet A28-A13 sera de nature à renforcer légèrement le mode routier sur ces relations moyennes et longues distances en supprimant les difficultés de franchissement de l’agglomération de Rouen.

Le maître d’ouvrage conclut : In fine, le maître d’ouvrage a donc retenu comme hypothèse d’entrée de son étude que le projet de contournement Est de Rouen – A28-A13 ne modifierait pas les parts modales des trafics moyenne et longue distance transitant par la zone d’étude.

On peut en conclure que les effets de la périurbanisation sont anticipés en termes de lotissements et d’augmentation de logements, mais pas en terme de rabattements ni de TCSP.

Cela va à l’encontre des plans de déplacements urbains de la métropole Rouen Normandie : le diagnostic fait met en évidence la corrélation entre la périurbanisation et l’augmentation du trafic automobile, compte tenu de l’organisation spatiale de l’agglomération présentant une forte concentration d’équipements, de services et d’emplois tertiaires dans la commune centre. Les plans de déplacements veulent promouvoir un aménagement du territoire favorisant la sobriété énergétique dans les déplacements :

  • Organiser une mobilité alternative au tout voiture pour les périurbains.
  • Développer l’usage des transports en commun : prendre en compte les facteurs d’attractivité.
  • Construire une stratégie foncière permettant le développement d’une offre concurrentielle au périurbain.
L’augmentation du taux de motorisation est double selon qu’on habite en ville ou en zone périurbaine

Les taux de motorisation des ménages :

L’augmentation du taux de motorisation est double selon qu’on habite en ville ou en zone périurbaine, et le taux de motorisation lui-même est double selon qu’on est urbain ou périurbain.

Les ménages disposant de 2 voitures ou plus (multi-motorisés) représentent jusqu’à 60% des ménages dans les zones éloignées, alors qu’il est inférieur à 30% en métropole.

Métropole (27%) – zone de proximité (31%) – zone d’emploi de Rouen (34%) – CASE Seine-Eure (40%) – CC de l’Andelle (46% – en augmentation de 4% en 5 ans) – CC des portes du nord ouest (55%) – CC du Moulin d’Ecalles (56%) – CC du plateau de Martainville (60%).

Cela montre les effets de la périurbanisation et l’incapacité à créer des transports collectifs et des rabattements.  Plus les ménages s’installent loin des zones urbaines, plus ils font de kilomètres, avec plus de trajets et plus de véhicules, consommant plus, produisant plus d’usure, et polluant plus.

Les pertes sont évaluées (pièce F – étude socio-économique) à -128 M€ (2010) pour le carburant, et -234 M€ (2010) en coût d’entretien et dépréciation des véhicules.

C’est précisément l’un des effets redoutés par l’Autorité environnementale :

L’étalement urbain et la périurbanisation supplémentaires induits par le projet, susceptibles d’aggraver tous les effets environnementaux négatifs.

L’Ae considère que le dossier laisse dans une trop grande incertitude d’une part les conséquences du projet sur l’extension de la périurbanisation, d’autre part ses effets en matière de développement des transports en commun et des « modes doux ». Elle recommande donc au maître d’ouvrage et aux collectivités compétentes que des engagements précis soient pris en la matière, dès ce stade du projet.

L’Ae souligne en outre que le chiffre de 50 000 tonnes de CO2 produit par l’infrastructure ne prend pas en compte les émissions supplémentaires susceptibles d’être induites par le projet via une périurbanisation supplémentaire, sans que des mesures de réductions ne soient prévues.

L’Ae conclut qu’il s’agit d’un enjeu fort, particulièrement sur les plateaux Est.

Le bilan LOTI de l’autoroute A28, par exemple, indique que « le fort impact de A28 sur le développement périurbain, notamment à proximité de Rouen, n’a pas été réellement anticipé et n’a donc pas été accompagné ou orienté. Il convient d’être attentif à ces aspects lors de l’étude des projets futurs ».

De fait, cet impact se constate de manière évidente dans le secteur d’Isneauville et de Quincampoix.

L’Ae recommande au maître d’ouvrage, avec les collectivités concernées, de présenter à l’appui de la DUP des mécanismes permettant d’éviter, réduire et compenser effectivement les effets environnementaux négatifs de la périurbanisation supplémentaire des plateaux Est, desservis par le projet.

L’Ae souligne en outre que les trafics associés à cette périurbanisation supplémentaire, non évalués,

ne sont pas pris en compte par le modèle de trafic.

À terme, ce trafic induit en cas de non-maîtrise de l’étalement urbain est de nature à recharger les axes déchargés par le projet, et les trafics à partir desquels les différentes évaluations (qualité de l’air, bruit, consommations d’énergie, etc.) sont construites n’intègrent pas les effets de l’étalement urbain supplémentaire.

L’Ae recommande de tenir compte des effets de l’étalement urbain dans l’appréciation des impacts du projet, et dans la définition, avec les collectivités territoriales concernées, des mesures d’évitement, réduction et compensation, en cohérence avec les orientations du Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE). Ce n’est clairement pas fait.

Pire, l’Ae écrit que les engagements qui en découlent, passant par la rédaction d’orientations qui forment le corps d’une « charte pour une valorisation réciproque du territoire et de l’infrastructure » , manquent cependant de la consistance qui leur permettrait d’être pris en compte dans le cadre d’une évaluation. Ils n’apportent, à ce stade, aucune garantie de maîtrise pérenne de l’urbanisation.

Tous les avis de l’AURBSE, Autorité environnementale, CGI, sont concordants : le contournement Est A28-A13 va à l’encontre de tous les schémas d’aménagement du territoire et plan de déplacements en matière de périurbanisation. Outre l’augmentation de la circulation, il va à l’encontre des objectifs d’incitation de report modal, de sobriété énergétique, d’émission de polluants  (jusqu’à +14% selon la Dréal) et de CO2.

Les émissions de CO2 liés à la forte augmentation de consommation de carburants n’ont pas été comptabilisées dans les 50 000 tonnes de CO2 supplémentaires qui seront émises par le projet, ce qui en fait, de plus, un projet climaticide qui va à l’encontre des engagements de la COP21.

Bien entendu, les émissions de polluants (NOx, PM 10, PM 2,5, etc) induites par la périurbanisation ne sont pas plus prises en compte que le CO2.

Comme l’Ae le souligne, nous n’avons noté nulle part l’évaluation du projet sur les PM 2,5 (particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, dont certaines ont des propriétés mutagènes et cancérigènes).

Vous pouvez lire :

(*) Financièrement, le projet considéré isolément n’est pas rentable pour la Sanef qui parvient au petit équilibre financier : les péages remboursent largement les frais d’exploitation et de fonctionnement qui s’élèvent à16M€/an en valeur 2010. Mais les excédents d’exploitation cumulés jusqu’en 2035 de 300 millions d’€ (valeur 2010) ne permettent de loin pas de financer les près de 1200 millions d’€ d’investissement (valeur 2010). Ceci est conforme au dossier de DUP et explique le choix fait initialement de l’adossement.

Le régime de l’adossement, désormais interdit, consistait à financer de nouveaux tronçons autoroutiers en tout ou partie par des excédents d’exploitation d’autres sections concédées à la même société autoroutière en contrepartie d’un allongement des durées de concession de ces sections déjà concédées.

Revoir à la baisse les prévisions de croissance démographique en cohérence avec la vision plus prudente du taux de croissance annuel du PIB.

Recommandation de la contre-expertise du CGI

face à « l’attente magique » qu’une telle infrastructure suscite après des acteurs locaux, en l’absence de stratégie, ce n’est pas elle qui créera le dynamisme, pas plus qu’elle n’apportera à elle seule, une meilleure sécurité, une moindre congestion, une moindre concentration de pollution.

AURBSE

Sans aucune maîtrise et sans volonté d’un minimum d’anticipation, un certain nombre d’intérêts s’ils sont cumulés risquent d’entraîner des développements générateurs de graves dysfonctionnements au plan global. Il y a en effet convergence entre les intérêts des ménages en quête de l’accession à la propriété mais contraints par les coûts fonciers de se reporter de plus en plus loin, ceux des entreprises qui recherchent la visibilité, l’effet « vitrine » et la meilleure accessibilité par les axes routiers et ceux des communes qui espèrent profiter de l’infrastructure pour se développer, attirer de nouveaux habitants et créer des emplois..

AURBSE

Une augmentation de population périurbaine a sur les flux de déplacements une conséquence de 1 à 3.

Direction régionale de l’Equipement

Par ailleurs, les documents de planification des principales collectivités concernées ne laissent pas envisager le développement d’un réseau de TC directement concurrentiel avec l’infrastructure nouvelle
[…] Aussi le maître d’ouvrage en a-t-il conclu qu’il n’existe globalement pas de concurrence entre le réseau de transports collectifs existants et futurs et l’infrastructure projetée et donc que l’hypothèse selon laquelle la mise en service du projet ne modifiera pas la répartition modale, pour les flux qui l’emprunteraient, est acceptable.

DREAL, en réponse au CGI

Le bilan LOTI de l’autoroute A28 indique que « le fort impact de A28 sur le développement périurbain, notamment à proximité de Rouen, n’a pas été réellement anticipé et n’a donc pas été accompagné ou orienté. Il convient d’être attentif à ces aspects lors de l’étude des projets futurs ». De fait, cet impact se constate de manière évidente dans le secteur d’Isneauville et de Quincampoix. L’Ae recommande au maître d’ouvrage, avec les collectivités concernées, de présenter à l’appui de la DUP des mécanismes permettant d’éviter, réduire et compenser effectivement les effets environnementaux négatifs de la périurbanisation supplémentaire des plateaux Est, desservis par le projet.

Autorité environnementale

L’étalement urbain, c’est un choix politique, économique, mais pas une fatalité…

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *