L’aéroport Rouen Vallée de Seine – Boos

contournement Est de Rouen, A133-A134, projet inutile et imposé

L’aéroport Rouen Vallée de Seine – Boos

aéroport Rouen Vallée de Seine

En 2017 :

  • Caen Carpiquet : 180.912 passagers ;
  • Deauville : 163.626 passagers ;
  • Le Havre 13.205 passagers ;
  • Rouen Boos : 5.129 passagers.

2019 : Plus de 5 millions € sont investis par le syndicat mixte (Métropole Rouen Normandie et CCI Rouen Métropole) pour agrandir la piste l’aéroport, et la renforcer pour accueillir des avions plus lourds.

En même temps, le vol quotidien à destination de Lyon dédié aux hommes d’affaires est arrêté depuis juillet 2019, Hop ayant jeté l’éponge. Le syndicat mixte cherche un nouvel opérateur, mais il n’y a pas de nouveau pour le moment.

Il reste le TGV et l’aéroport de Caen Carpiquet (37 fois plus de passagers en 2017 qu’à Rouen Boos) pour la même destination.

L’aéroport de Rouen a une longue histoire chaotique. Cette infrastructure est la seule à se trouver à l’Est de Rouen, la seule donc qui tente de justifier un contournement autoroutier sur ce secteur. Les deux projets avancent côte à côte et main dans la main depuis la fin des années 1960, se justifiant l’un l’autre et pourtant… 

Histoire de l’aéroport jusqu’en 2005

Dès le début du XXe siècle, l’aviation est présente dans la périphérie rouennaise. Un champ d’aviation est ouvert à l’emplacement actuel du  Madrillet à Saint Etienne du Rouvray. Parallèlement, sur le Plateau de Boos, une base aérienne qui appartient à l’État et qui est désaffectée depuis la fin de la guerre, existe. L’Administration s’apprêtait d’ailleurs à vendre les deux immenses hangars « tonneaux » de Boos et à restituer la plateforme à sa vocation agricole.

C’était sans compter sur la ténacité des membres survivants du GRAL (Groupement Rouennais d’Aviation Légère) dont de nombreux membres furent décimés pendant la guerre, et la position de son Président du moment, Jean DAVID responsable de service au Port de Rouen. En 1951, la plateforme qui n’est qu’un terrain spécialisé dans le vol sans moteur, est attribuée au GRAL et deux pistes en croix sont créées : l’une de 1300 mètres, appelée Boos-Vert Bocage , l’autre de 1100 mètres appelée NE-SO. Le 28 septembre 1952, la plateforme est inaugurée officiellement. En 1968, la Chambre de Commerce de d’Industrie de Rouen entreprend des travaux de construction d’un aéroport commercial dont elle veut doter Rouen, sur le site de Boos. Ce sera l’aéroport de Rouen-Boos.

Parallèlement le “Contournement Est”, qui passe par Boos, fait une première apparition dans le Schéma d’Aménagement de la Basse Seine, Schéma approuvé en 1971.

schéma d'aménagement basse seine 1972

Dès sa construction, la question de l’allongement de la piste de l’aérodrome est posée et revient de manière récurrente. En 1990, la piste “Boos-Vert Bocage”  est portée à 1 700 m, ce qui oblige à dévier la D95, isolant le hameau de Bouquelon à Boos, et coupant St-Aubin Celloville en deux, le hameau de Celloville n’étant plus relié directement au centre-bourg.

Pourtant, le projet est largement contesté par les riverains et plusieurs municipalités mais rien n’y fait. L’aéroport de Rouen-Boos change de nom et devient l’aéroport Rouen Vallée de Seine ; il est inauguré en 1991. Beaucoup imaginent déjà que la première piste de 1 700 m n’est qu’une première étape pour cet aéroport aux ambitions désormais régionales.

Parallèlement, en 1991, le projet de Contournement Est est relancé, juste après l’inauguration de l’aéroport.

Inscrit au Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) de 1972, le projet de contournement Est de Rouen est relancé en 1991 pour aboutir à une présentation des études de faisabilité devant les collectivités par le Préfet le 18 juin 1993.”

Boos : PLU, révision du P.O.S. élaboration du Plan Local d’Urbanisme – contournement Est de l’agglomération – 2 mars 2006

La compagnie Air Vendée  poursuit l’exploitation de lignes démarrées sur l’ancienne piste de Boos. Ainsi, à l’aide du Fairchild Metroliner de 19 places et du Saab 340 de 36 places, Rouen se voit reliée en une heure à Lyon, Nantes, Londres, Amsterdam, Bruxelles et Francfort-sur-le-Main. La compagnie Regional Airlines naît de la fusion de Air Vendée et de Airlec. Elle s’installe à Rouen en 1992.

Arrivent alors de nouveaux avions à Rouen, qui devient un “hub” pour cette seule compagnie. La direction commerciale est installée à Boos ainsi que le centre d’entretien des Saab. 

Encore une fois, la longueur de la piste pose problème : 1700 m, c’est trop court pour des vols commerciaux de plus de 150 passagers… Malgré les demandes de la compagnie pour un rallongement de la piste, les collectivités locales n’ont pas débloqué les fonds nécessaires (8 millions d’euros). Rapidement la compagnie est à l’étroit et mise sur une autre plateforme plus à l’écoute de ses besoins. L’activité de l’aéroport de Rouen est donc transférée à Clermont-Ferrand. Une seule ligne sera conservée entre Rouen et Clermont-Ferrand en Jetstream-31 de 19 places. 

En 1995, la compagnie Brit Air, filiale d’Air France, reprend l’exploitation de la ligne Rouen-Lyon en ATR42 puis en Canadair Regional Jet de 50 places. Mais la piste s’avère toujours trop courte pour une exploitation optimale et les nombreux appels aux collectivités pour rallonger la piste restent sans effets. L’aéroport continue pourtant à être exploité.

Parallèlement, c’est aussi en 1995 qu’est organisé un débat d’intérêt régional sur le projet de Contournement Est :

“En 1995, sur cette base, est organisé un débat d’intérêt régional, prolongé par la préparation du Dossier de Voirie d’Agglomération (DVA). Une décision ministérielle du 24 décembre 1996 approuve le principe d’un contournement de type voie rapide urbaine, situé à l’est et suffisamment proche de l’agglomération pour résoudre les problèmes de circulation du bassin de vie rouennais.

En 2001, la compagnie low-cost Buzz arrive à Rouen. Mais les vols sont régulièrement déroutés ou annulés car l’équipement de la piste ne permet pas les approches en cas de conditions particulières de vents, ou de visibilité réduite face au Nord. Cette ligne sera supprimée lors du rachat de Buzz par Ryanair. 

Le 28 septembre 2001, un article paraît dans Le Moniteur :

“A la suite d’une réunion informelle en préfecture de Haute-Normandie, un accord de principe est intervenu à la mi-septembre entre les partenaires financiers publics en vue d’une extension de la piste de l’aéroport de Boos/Rouen/ Vallée-de-Seine.

Depuis 1979, ce dossier divisait les parties concernées. Après enquête publique, la piste, déjà portée à 1 700 m en 1990, pourrait être allongée, pour la fin de l’année 2002, à 1 950 m (la plate-forme existante le permet facilement) voire 2 100 m, pour un coût de 3,7 millions d’euros (24,27 millions de francs) pour les travaux et, éventuellement, une somme inférieure pour les systèmes de guidage.

Concessionnaire d’installations dont elle a largement financé la construction – les remboursements (12 millions de francs l’an dernier) seront achevés en 2005-, la chambre de commerce et d’industrie de Rouen, seule jusque-là à soutenir financièrement l’aéroport, demande ce prolongement pour des raisons commerciales, la piste étant trop courte pour le maintien de lignes régulières. Les normes européennes d’environnement (bruit, consommation) obligent, en effet, les compagnies, principalement Brit Air-Air France, à Rouen, à retirer de leur flotte les avions de type ATR, au profit de petits jets plus rapides, de type CRJ (Canadair).

Par ailleurs, le président du conseil général de Seine-Maritime, Charles Revet, a demandé la constitution d’un syndicat mixte entre les communautés d’agglomération du Havre et de Rouen, les chambres de commerce et d’industrie de ces deux villes, le conseil général et le conseil régional. Cette structure pourrait alors prendre en charge le développement des deux aéroports : Le Havre-Octeville et Rouen-Boos.”

Parallèlement l’année 2001 est aussi l’année de l’approbation du Schéma Directeur de l’Agglomération de Rouen-Elbeuf dans lequel figure le Contournement Est :

De la même façon, le Schéma Directeur de l’Agglomération de Rouen-Elbeuf approuvé le 2 février 2001 identifie la réalisation d’un contournement Est proche de l’agglomération comme une des conditions de son développement équilibré.

En 2003, un dossier entier est consacré au “grand gaspillage des aéroports”  dans l’Express (Expansion). Un article est même spécialement dédié à l’aéroport de Boos :

Rouen : peu d’avions et 2 millions d’euros de pertes.

Ce vendredi matin, le vol de Lyon n’atterrira pas. Un épais brouillard recouvre l’agglomération rouennaise. Les vingt passagers inscrits seront emmenés en taxi à l’aéroport du Havre. Ce n’est donc pas aujourd’hui que le restaurant du premier étage fera le plein de clients. Conçu en 1992 pour 150 000 passagers – et un coût de 190 millions de francs – l’aéroport de Boos en a accueilli à peine 40 000 l’an passé. Deux petites lignes reliant Toulouse et le  » hub  » de Lyon constituent l’essentiel du trafic. L’espoir né en avril dernier de l’ouverture de la liaison Buzz avec Londres n’a duré que quatre mois. Mais Christian Hérail, le président de la CCI de Rouen, n’en démord pas. Il réclame le soutien des collectivités locales.  » Un allongement de la piste, pour 3 à 5 millions d’euros, permettrait de conserver les lignes actuelles.  » Le 12 décembre, la CCI, qui a supporté seule le déficit de 2 millions d’euros enregistré en 2001, a lancé un ultimatum aux élus, pour l’instant pas très chauds pour réinvestir : elle  » remettra les clefs de l’aéroport au préfet  » si un accord financier n’est pas trouvé. Christian Hérail espère ne pas en arriver là :  » Les entreprises du secteur tertiaire, que nous voulons séduire et amener à Rouen, ont besoin de communications faciles.  » Le débat rouennais s’étend à toute la Normandie, qui, avec Cherbourg, Deauville, Caen et Le Havre, propose cinq infrastructures, toutes dans notre top 25 des aéroports les moins rentables ! Face à cette situation, les chambres régionales de commerce de Haute- et Basse-Normandie viennent de lancer une étude sur un regroupement éventuel. Pour Philippe Leroy, le maire de Franqueville-Saint-Pierre,  » il faut un aéroport normand unique, qui pourrait être Deauville Saint-Gatien « .

L’intégralité de ce dossier sur les aéroports est à retrouver ici (cliquez pour lire).

Pourtant, l’aéroport de Boos continue à être exploité, encore et toujours, malgré des pertes accumulées au fil des ans, mais il n’est pas le seul en Normandie. Il ne survit que grâce aux subventions de la CCI de Rouen. Devant les difficultés financières et les déboires rencontrés par les 5 aéroports normands que sont Rouen-Boos, Le Havre-Octeville, Cherbourg-Maupertus, Caen-Carpiquet et Deauville-Saint Gatien, une décision politique est prise en 2005 entre les deux présidents des deux régions Haute et Basse-Normandie : 

“Récurrente depuis plus de trente ans, la question de la desserte aéroportuaire de la Normandie vient de connaître une notable évolution avec la prise de position des présidents socialistes des deux régions en faveur d’un aéroport commun à Deauville, dans le Calvados. Philippe Duron et Alain Le Vern estiment que ce site est « géométriquement » le mieux placé pour desservir Rouen, Caen et Le Havre. « Plus un seul euro ne sera versé dans l’aéroportuaire sauf dans le cas d’une plate-forme commune aux deux régions », a affirmé le second.”

lire : Le projet d’un aéroport normand à Deauville ne fait pas l’unanimité

A ce moment-là, l’avenir de l’aéroport Rouen-Vallée de Seine s’obscurcit.

Les lignes :

Vols saisonniers  :

La ligne Rouen-Figari est la seule ligne estivale qui perdure depuis près de 20 ans. Air Lib assure la ligne jusqu’en 2003 puis c’est au tour de Brit Air. 

En 2017, la compagnie Hop ! ouvre une ligne estivale à destination de Bastia.

Pour la saison 2019, la ligne Rouen-Figari opérée par la compagnie charter Corsicatours est toujours active de mai à septembre ainsi que des vols à destination de l’Algarve (Portugal) la première semaine de juin, de Naples (Italie) également la première semaine de juin et des Baléares (Espagne) la dernière semaine de septembre. Tous ces vols charter sont proposés par Rond Point Evasion. 

Vols réguliers :

Le 19 décembre 2009, jugeant la ligne Rouen-Lyon trop peu rentable, la compagnie Brit Air décide de l’arrêt de cette ligne, la seule liaison régulière de l’aéroport. Se pose alors la question de la pérennité d’un aéroport sans lignes régulières. En 2010, l’aéroport est géré et financé à quasi-parité par la CCIR (49 %) et la CREA (51 %). 

Pourtant, la compagnie HOP ! ouvre une ligne régulière vers Lyon, à partir du 28 août 2017. 

“Ce matin du 28 août 2017, Hop!, filiale d’Air France, a inauguré sa nouvelle ligne Rouen-Lyon. Six dessertes par semaine permettront de relier la Normandie à la capitale des Gaules.”

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/aeroport-rouen-boos-premier-decollage-ligne-rouen-lyon-1317671.html

En avril 2018, on peut lire : « Alors que l’aéroport Vallée de Seine, situé à Boos, près de Rouen, n’enregistrait que quelques milliers de passagers par an, Frédéric Sanchez, président PS de la Métropole Rouen Normandie, assure que « l’objectif des prochaines années est d’arriver à 80 000 passagers par an. » 

« C’est plutôt bien parti pour la plateforme aéroportuaire rouennaise. Depuis la création des vols réguliers entre Rouen et Lyon avec HOP ! Air France, « nous sommes régulièrement en surbooking, notamment depuis la grève à la SNCF ».

« L’investissement de 700 000 euros, toutes subventions confondues, devrait permettre à l’aéroport d’attirer de nouvelles compagnies aériennes. « Nous espérons atteindre l’équilibre de gestion d’ici à cinq ans », précise Frédéric Sanchez. »

https://actu.fr/normandie/caen_14118/quatre-aeroports-normandie-serrent-coudes-offrir-nouvelles-destinations_16340076.html

Si l’aéroport reprend vie en 2018, le projet de Contournement Est se retrouve, lui aussi, plus que jamais en bonne voie, puisqu’il est déclaré d’utilité publique le 15 novembre 2017.

Mais à peine deux ans plus tard, le 25 mars 2019, la compagnie aérienne HOP ! qui affrète les vols quotidiens Rouen-Lyon, annonce l’arrêt de cette rotation à partir du 17 juin 2019.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/compagnie-hop-cesse-ses-vols-entre-rouen-lyon-1644452.html

L’exploitation et la gestion de l’aéroport

L’exploitation de l’aéroport est confiée à partir de mars 2010 à la SNC-Lavalin, spécialiste canadien des aéroports qui gère également 10 autres aéroports en France dont les plates-formes de Vatry et de Tarbes et qui vise un important développement dans le secteur aéroportuaire en Europe. 

En 2010, la CCI de Rouen évoque la possibilité d’utiliser l’aéroport de Rouen comme aéroport secondaire pour l’Ouest Parisien, avec possibilité de soulager Beauvais d’une partie de ses vols low-cost dont le succès va grandissant. Cependant l’aéroport connaît de grandes difficultés financières. Le contexte de réforme territoriale (fusion des régions) et la présence d’aéroports plus importants, à Caen et à Deauville, conduisent la Métropole Rouen Normandie à envisager la transformation de l’aéroport en aérodrome.    

Le vent tourne une nouvelle fois en faveur du développement de l’aéroport de Rouen-Vallée de Seine. En effet, 1er mars 2016, le syndicat mixte annonce dans un communiqué l’entrée d’un partenaire privé dans la gestion de l’aéroport. Il s’agit de la Matmut, société d’assurance implantée à Rouen et déjà impliquée dans de grands projets locaux. Après une étude approfondie du dossier, la Métropole décide finalement de poursuivre l’activité afin de sauvegarder le service public rendu, notamment en liaison avec le CHU mais aussi de développer l’activité aéroportuaire de la structure, reconnaissant ainsi son rôle économique. À ce titre, elle compte désormais inscrire l’aéroport dans un schéma régional  tout en reconnaissant que Rouen n’entre pas en concurrence avec les 3 aéroports du littoral normand. 

Le 1er mars 2017, la délégation de service public confiée à SNC-Lavalin prend fin. Dès lors le syndicat mixte (Métropole Rouen Normandie et CCI) reprend l’exploitation de la plateforme aéroportuaire en régie directe. Les orientations stratégiques du propriétaire-gestionnaire affirment une volonté d’optimiser la gestion en s’appuyant sur des partenaires privés, et le développement de l’activité de l’aéroport (reprise de lignes régulières et saisonnières). 

Contrairement à ce qui avait été décidé en 2005 entre les deux présidents de Haute et de Basse Normandie, le nouveau président de la Région Normandie décide, lui de conserver les aéroports normands existant :

“Au lieu de tout miser sur le développement d’un seul aéroport pour la Normandie réunifiée, Deauville-Normandie, Hervé Morin préfère, en mars 2018, conserver les 4 aéroports régionaux existants.”

https://actu.fr/normandie/deauville_14220/aeoroports-normandie-choix-dherve-morin-est-bon_15798928.html

En novembre 2018, on apprend que des travaux vont avoir lieu, pour un montant de 5,3 millions d’euros, travaux qui devraient être réalisés en août 2019.

https://www.tendanceouest.com/actualite-301531-l-aeroport-rouen-vallee-de-seine-bientot-en-travaux-pour-poursuivre-son-developpement.html

Mais, de manière contradictoire, le  10 mai 2019, une décision de déclassement de l’aéroport de Rouen était attendue avec, pour conséquence, le transfert de la surveillance de l’espace aérien (de Neufchâtel en Bray à Bernay) gérée par l’aéroport de Boos à l’aéroport de Lille :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/nouveau-mouvement-greve-controleurs-aeriens-aeroport-boos-9-10-mai-1667097.html

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : l’aéroport de Rouen ne connaît que peu de fréquentation en terme de passagers. Combien seront-ils en 2019 ?

Année

Passagers

Fret

Mouvements commerciaux

Mouvements non commerciaux

2018

17615

1

1225

26261

2017

5129

5

870

27322

2016

1621

38

890

25805

2015

5243

30

927

29868

2014

3729

26

627

 

2013

4636

7

431

 

2012

3166

3

239

 

2011

4325

16

511

 

2010

4662

5

616

 

2009

38519

11

2163

60357

2008

43973

23

2569

59482

2007

34159

51

2453

57000

2006

43519

44

3039

43318

2005

40063

40

2688

53000

2004

39605

43

2446

 

2003

42513

9

2916

52536

2002

49847

10

3196

75725

2001

35345

5038

3348

68500

2000

35481

5036

3348

69560

L’essentiel de l’activité actuelle est assuré non pas par l’accueil des vols commerciaux mais par l’accueil des vols d’affaires, de vols sanitaires notamment en relation avec le CHU de Rouen, de vols militaires et de vols de formation générés par l’aéroclub de Rouen. Son statut de terrain IFR (vol aux instruments) contrôlé par la Direction Générale de l’Aviation Civile lui permet d’accueillir des vols d’entraînement des écoles de pilotage de la région parisienne. L’entreprise Pixair-survey, spécialisée dans la cartographie, la surveillance aérienne et les missions scientifiques, y a également établi sa base d’opération. Il héberge enfin une association de constructeurs amateurs et propriétaires d’avions (ACAPA), affiliée à la Fédération RSA France et un club de vol à voile, le GRAL. 

On se rend bien compte que l’argent public dépensé pour faire perdurer cet aéroport ne bénéficie quasiment qu’à des intérêts privés à l’exception des vols sanitaires.

Pourtant, avec le projet de Contournement Est, s’il venait à se réaliser, il y aurait fort à craindre que le  syndicat mixte veuille une nouvelle fois relancer cet aéroport pour y développer le fret et trouver ainsi une nouvelle utilité à cet aéroport moribond.

En cinquante ans, l’aéroport de Rouen a essuyé beaucoup de revers, mais tel le phénix, il renaît de ses cendres à chaque fois, poussé par la CCI. Comme le contournement Est, lui aussi poussé par la CCI. En conclusion, on citera Vincent Grimault, journaliste à Alternatives Economiques et auteur de la chronique éco de France Inter, qui a déclaré le 28 mai 2019 :

“L’aéroport est à l’élu local ce que la Rolex est à l’homme de 50 ans : si t’en as pas, c’est que t’as raté ton mandat !” 

 

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