Le vélo, une alternative à l’autoroute ?

contournement Est de Rouen, A133-A134, projet inutile et imposé

Le vélo, une alternative à l’autoroute ?

des autoroutes à vélo, mais pas en France
une autoroute peut-elle dégorger rouen ?
une autoroute peut-elle dégorger rouen ?

Une autoroute pour désengorger Rouen ?

L’autoroute en question est surnommée « contournement Est de Rouen ».

Le but annoncé par ses promoteurs était d’alléger le trafic routier dans la ville de Rouen et aux alentours.

En étudiant les flux de trafic réels, on peut aisément démontrer qu’un tel aménagement ne répond absolument pas à cet objectif. En voici brièvement les raisons :

  • Le flux de transit (véhicules qui traversent Rouen sans s’y arrêter) ne représente qu’une infime portion du trafic (0,1%). De plus, on constate actuellement qu’environ la moitié des transports routiers évite les portions à péage. Les quelques usagers pour lesquelles on ferait cette gigantesque autoroute ne l’utiliseraient même pas systématiquement ;
  • Les échangeurs de cette éventuelle autoroute attireraient (ou plutôt déplaceraient) des zones d’activité et des logements à la périphérie de la ville. C’est ce qu’on appelle l’étalement urbain. Mais les habitants et travailleurs auront toujours besoin de se rendre à Rouen où se concentre la majorité des services et des activités. Ils seront donc obligés de parcourir de plus grandes distances, avec leur voiture (les transports en commun étant absents ou inefficaces en périphérie des villes), et ils engorgeront encore plus la ville ;
  • Toute nouvelle infrastructure routière génère de nouveaux trafics, ce qui augmente globalement le nombre de véhicules sur les routes.
servir les intérêts privés

Ou pour servir des intérêts privés ?

Ce projet n’est plus un contournement. D’ailleurs son nouveau nom officiel est « autoroute A133-A134 ». Quels sont les intérêts masqués de cette autoroute ?

Un objectif affiché par le secteur du transport routier est de créer cette autoroute pour favoriser davantage le flux de camions sur l’axe trans-européen Copenhague-Lisbonne. Mais cet axe est déjà aménagé via l’A28 et il contourne déjà Rouen par l’Ouest.

Le tracé de l’autoroute A133 ressemble à s’y méprendre à une volonté de créer une autoroute complète à péage entre le nord de Rouen et Orléans (en passant par Évreux). La N154 deviendrait l’A154 et serait payante. Cela permettrait de boucler la grande ceinture autoroutière autour de Paris.

L’intérêt pour les transporteurs routiers est d’avoir une possibilité supplémentaire d’itinéraire, payée en grande partie par les contribuables. Et s’ils veulent éviter le péage, ils pourront toujours continuer à encombrer et défoncer gratuitement les routes nationales.

Les grands bénéficiaires de cet aménagement sont les géants du bâtiment et travaux publics, ainsi que les concessionnaires d’autoroutes :

  • Les premiers s’engraissent avec des chantiers qui se chiffrent en milliards d’euro et qui sont en grande partie payés par la collectivité ;
  • Les seconds encaissent l’argent des péages et des compensations financières, payées aussi par la collectivité, au cas où la fréquentation ne serait pas à la hauteur des prévisions farfelues.
faire, ou ne pas faire une autoroute.

Les bonnes raisons de ne pas faire cette autoroute.

Faire circuler un maximum de camions et de voitures en aménageant le territoire autour des autoroutes est une aberration lourde de conséquences. Le transport routier est responsable de nombreuses et graves nuisances. Citons les principales.

  • Réchauffement climatique, la route représente environ un quart des émissions de CO2 en France ;
  • perte de biodiversité à cause de l’artificialisation des sols, du morcellement des espaces naturels et des collisions avec les véhicules ;
  • perte de surface agricole, les camions transportent des denrées alimentaires qui auraient pu pousser localement si on n’avait pas goudronné les terres ;
  • pollution de l’air avec des émissions massives de gaz et particules toxiques ;
  • pollution des sols qui met en péril l’approvisionnement en eau potable ;
  • épuisement des ressources énergétiques ;
  • accidents et insécurité routière ;
  • problèmes de santé liés au manque d’activité physique des usagers motorisés ;
  • nuisances sonores.

Nous sommes au 21ème siècle, et une grave crise environnementale s’abat sur nous. Comment peut-on encore souhaiter la construction d’une autoroute dévastatrice ? N’a-t-on pas encore compris que le développement économique n’a aucun sens s’il se fait au détriment de notre planète ?

une autoroute à vélo, Copenhague

Le vélo, une partie de la solution.

Quand on sait que, dans l’agglomération de Rouen – 63 % des déplacements de moins de 3 km sont effectués en voiture – on comprend que ce n’est pas d’une autoroute dont a besoin la ville pour se décongestionner, mais de mesures efficaces en faveur de la marche, du vélo et des transports en commun.

Le vélo comme moyen de déplacement comporte de nombreux avantages qu’il est bon de rappeler :

  • Peu cher, autant pour l’usager (faible coût d’achat, pas de carburant, pas d’assurance, entretien facile) que pour la collectivité (infrastructures légères et peu gourmandes en place ;
  • bon pour la santé (notre corps a besoin de bouger par ses propres moyens, pas d’émissions toxiques, pas de bruit) ;
  • bon pour la planète (un vélo est 100 fois plus léger qu’une voiture et consomme 25 fois moins d’énergie au kilomètre) ;
  • plus rapide que la voiture en milieu urbain.

Un cycliste en plus à Rouen, c’est une voiture en moins avec tout ce qui va avec : moins de pollution, moins d’encombrement, moins de véhicules stationnés, moins d’insécurité routière, moins de bruit, moins de stress, plus de santé, plus de convivialité.

Le vélo pourrait-il concurrencer le transport routier européen ?

La question peut paraître saugrenue. Pourtant, l’utilisation du vélo s’accompagne souvent d’une prise de conscience écologique et d’un changement des habitudes de consommation.

Donc oui, si vous roulez à vélo et que vous consommez local, vous pouvez participer à la diminution du nombre de camions sur les routes. Et c’est le train et le fleuve finiront d’éradiquer les poids-lourds restants.

Dans le cadre d’une indispensable et inévitable décroissance énergétique, le vélo et d’autres véhicules ultra-légers sont appelés à occuper progressivement l’espace routier en le débarrassant des véhicules motorisés actuels.

Si, en dépit du bon sens, cette autoroute venait à être réalisée (ce qui n’arrivera pas grâce à notre mobilisation à tous), nos descendants pourraient la rebaptiser V133.

Mais ils se demanderaient alors pourquoi, mais pourquoi nous avons fait une voie verte aussi large et aussi éloignée des lieux de vie ?

 

5 réponses

  1. caliva dit :

    Si ces autoroutes venaient à être réalisées pour 1 milliard d’€ environ, ça veut dire des caisses vides pendant des années pour des alternatives à la voiture. Il n’existe pas de pistes cyclables de ce côté-ci de la périphérie de la métropole rouennaise, alors qu’elle devraient être une priorité pour offrir une alternative à la voiture, de même que des lignes de bus régulières qui vont plus loin plus vite. Si on met cet argent dans ces infrastructures autoroutières, ça veut dire aucune chance de voir des pistes cyclables ou des lignes de bus se réaliser dans ce coin…

  2. Xav dit :

    Incroyable de jeter des chiffres sans aucune source !
    Seulement 0,1% du trafic en transit 😂😂😂
    C’est bien là une manipulation grossière, et comme disait votre ami Chirac : « plus c’est gros, et plus ça passe ! »
    Rouen est LA seule aglo de plus de 50.000 personne à ne pas avoir de périphérique ou de contournement.
    Quant à utiliser des vélos Nucléaires fabriqués par des enfants en chine 😂😂😂😂

    • arnaud dit :

      Mais je vous en prie, Xav, contrôlez les sources :
      https://contournement-est.fr/a133-a134-des-objectifs-etayes-par-des-chiffres-de-trafic-irrealistes

      Les sources, ce sont les enquêtes de déplacements ménages (EMD), les enquêtes cordon, les enquêtes de la DDTM :

      La réalité de la congestion, c’est d’abord un trafic interne et d’échange :

      – 1.169.000 déplacements en automobile en interne (dans toute l’aire métropolitaine),
      – 43.000 déplacements en camions et utilitaires en interne,
      – 91.120 VL en échange avec l’agglomération,
      – et 7140 PL en échange avec le port et l’agglomération,

      soit 1.310.260 déplacements VL et PL en interne ou en échange avec l’agglomération. Dont 50.140 déplacements en poids-lourds ou utilitaires.

      90% du trafic de transit, c’est du trafic Est-Ouest. C’est l’A13 (avec ses évitements par la RD6014, Andelle, Pont-de-l’Arche, Criquebeuf.)
      Si l’on arrivait à délester les 1084 poids-lourds en transit qui ne sont pas sur du transit Est-Ouest (11% du trafic de transit) sur cette autoroute, il ne resterait « que » 1 309 176 déplacement VL et PL, dont 49 056 PL. Le délestage représenterait 0,08% du trafic global.

      Mais les poids-lourds évitant les péages, cela fera beaucoup moins.

      La congestion, c’est les 99,92 % restants, qui ne sont pas concernés par les interdictions de circulation.

      Quant au trafic de camions en transit qui bloque tout le monde aux heures de pointe, c’est encore un peu plus compliqué que ça : le matin, aux heures de pointe, ce sont surtout les poids-lourds qui livrent à la fois le Port, mais tous les secteurs d’activité et commerces, ou qui chargent pour aller livrer ailleurs. Just in time. Et ceux-là, l’autoroute éloignée ne les concerne pas.

      Un tel niveau de population et d’activité dans la métropole doit être ravitaillé tous les jours.

      Les PL en transit ne seraient qu’un peu plus de 1000 sur un axe Nord-Sud, et plus en journée qu’en heure de pointe : ils ont chargé hors de l’aire métropolitain, loin ailleurs, ne font que traverser l’aire métropolitaine, et doivent livrer hors de l’aire métropolitaine aux heures de livraison.

      Alors je vous invite à consulter les sources : CEREMA, Métropole, DDTM.
      Pas de manipulation de chiffres ici. Mais si vous découvrez des erreurs ou inexactitudes, je vous invite à nous en faire part, nous corrigerons si besoin.

  3. arnaud dit :

    @Xav,
    Les métropoles ou grandes agglomérations qui n’ont pas de rocade sont légion, en France comme à l’étranger. On détruit aujourd’hui des autoroutes urbaines inutiles. Et oui, en France, nombre de villes et métropoles n’ont pas de contournement, de rocade complète :

    – Grenoble (dont les études ont montré que la rocade nord, très contestée, ne délesterait pas significativement la rocade sud),
    – Tours (réalisation de l’A110 suspendue),
    – Orléans (une tangentielle ouest),
    – Clermont-Ferrand,
    – Avignon,
    – Angers (rocade sud – pour 100 000 usagers potentiels – à l’arrêt depuis 2009),
    – Reims,
    – Dijon (c’est un contournement de 18,5 km à l’est – RN274),
    – Perpignan,
    – Nîmes,
    – Toulon,
    – Cannes,
    – Le Havre,
    – Dunkerque,
    – La Rochelle,
    – Brest,
    – Mulhouse,
    – Bayonne,
    – Strasbourg, mais le GCO est maintenant en cours, malgré l’opposition de la population. Il permettra au trafic routier international d’éviter les pays trop chers (Allemagne, Suisse) pour passer par la France, grande rocade internationale sans taxe poids-lourds.

    Et nous ne parlons pas là de villes équipées de contournements complets. Et encore moins en autoroutes payantes…

    Pour Rouen, il ne s’agit plus d’un projet de rocade, mais d’une autoroute nord-sud, dite axe Calais-Bayonne. Comme l’A28 (Rouen-Alençon-le Mans) en 2005.

    Cette vision de toutes les villes qui devraient être ceinturées date-t-elle des années 60, ou bien encore du moyen-âge, lorsque l’on fortifiait les villes Les autoroutes seraient-elles nos nouveaux remparts ? Mais les poids-lourds livrent les villes, en plein centre : les marchandises ne sont pas envoyées par trébuchets, elles sont livrées en vrac ou sur palettes.

    L’argument de la seule ville qui ne possède pas de rocade est fallacieux. Aujourd’hui, les grandes villes songent à supprimer rocades et autoroutes urbaines. Aux États-Unis, au Canada, en Asie, et même à Paris ! La question de la reconversion du périphérique se pose depuis longtemps, et elle sera de nouveau posée lors des prochaines municipales.

    Dans les villes de province, on fait le contraire : les déplacements augmentent de et vers l’intérieur des villes. Essentiellement en automobile.
    La pensée de les écarter à l’extérieur, c’est l’idée de génie. Sauf que ce n’est pas là qu’elles vont, et encore moins en payant.

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