Municipales 2020 à Rouen, vote décisif pour l’autoroute A133-A134

contournement Est de Rouen, A133-A134, projet inutile et imposé

Municipales 2020 à Rouen, vote décisif pour l’autoroute A133-A134

vote décisif aux municipales de Rouen

Un débat sur l’écologie pour 6 candidats aux municipales à Rouen. La dernière question porte sur l’autoroute A133-A134, dite contournement Est de Rouen.

Le résultat de l’élection aux municipales pourrait mettre un terme définitif à ce projet.

Merci à Guillaume et Malika et tous les adhérents d’Effet de Serre Toi-Même d’avoir organisé ce débat qui a porté sur l’écologie, la mobilité à Rouen pour les décennies à venir.

La dernière question, incontournable pour l’environnement, la pollution et la mobilité à Rouen porte sur l’A133-A134. Cette infrastructure de 41 km de long est censée permettre aux usagers d’éviter la N28 et le tunnel de la Grand Mare en empruntant cette autoroute à péage sur 28 km, avant de déboucher sur le rond-point des vaches. Il leur faudrait alors passer les bouchons du boulevard industriel (RD18e) ou de la Sud III le matin et le soir pour rejoindre le cœur d’agglomération. Une perte de temps, d’argent, et beaucoup, beaucoup de kilomètres en plus.

Qui ici pensera que les gens sont prêts à sacrifier leur temps et leur argent pour permettre aux autres usagers de mieux rouler sur la N28 ?

Les arguments (ou pas) des uns et des autres sur ce sujet mettent en lumière ce qu’est réellement ce contournement : du BTP, une privatisation de la route, un très gros cadeau aux concessionnaires. Et un écocide et de la pollution en plus. 50 000 tonnes de CO2/an, c’est dire l’augmentation de tous les polluants liés au trafic.

Ne boudons pas notre plaisir, c’est un peu le scoop de la soirée, écoutons le revirement de Nicolas Mayer-Rossignol sur le sujet de l’A133-A134, qu’il a défendue lorsqu’il était à la présidence de la Région Haute-Normandie. Désormais, il s’y oppose, fruit d’une longue réflexion sur l’utilité de l’infrastructure et les conséquences tant économiques qu’écologiques sur l’environnement, les habitants, les usagers de la route et les finances publiques.

Le revirement attendu de Nicolas Mayer-Rossignol sur le contournement Est de Rouen.

Si on est tous d’accord pour dire que c’est l’enjeu de ce siècle, l’écologie, alors il faut qu’on change ! Il faut qu’on soit capable de ne pas faire comme il y a 10 ans, il y a 20 ans, il y a 30 ans. Ni sur le plan économique, ni sur le plan de l’aménagement du territoire. Sinon, on est malhonnête.

À en croire Nicolas Mayer-Rossignol, les candidats qui défendent ce projet, sur la base d’arguments éculés, voire pas d’argument du tout, sont malhonnêtes.

Nicolas Mayer-Rossignol avait été élu à la Région sur ce projet de contournement Est. Il l’a donc défendu. Une partie des Rouennais pense encore que c’est un projet écologique, parce qu’ils peuvent penser que ça va éloigner les camions du centre-ville, et donc que la qualité de l’air serait améliorée.

Les données ont changé depuis des années, et désormais, on sait. Pour le climat, pour la pollution. Quand [jean-Louis Louvel] dit on ne voit pas comment on pourrait empêcher Amazon de venir, empêcher d’autres projets… Mais la politique, c’est faire, dit-il, c’est agir. Et c’est se remettre en question. C’était peut-être un projet qui avait des avantages il y a 20 ans, il y a 30 ans, mais si on veut atteindre d’ici 6 ans la diminution des pics de pollution dans l’air à Rouen, la neutralité carbone, tendre vers le zéro artificialisation des sols, objectif affiché par ce gouvernement [et la Région, NDR], alors, il faut faire des choix, sinon, on est malhonnête.

Ce n’est pas 886 millions € (HT, valeur 2015, soit 1,11 Md € TTC valeur 2019), c’est beaucoup plus, selon lui.

Le péage, on en a fait. On a construit des autoroutes : l’A150 entre Yvetot et Barentin, l’A29 Rouen-le Havre, elles sont désertes. Il faut être responsable, y compris de l’argent public. Quand on a des faits qui nous interrogent, l’honnêteté consiste à dire qu’on s’est trompés.

Il faut bosser sur de vraies solutions et les alternatives :

  • Les véhicules légers ;
  • le pôle multimodal Seine Sud, le ferroutage, le fluvial. Devenons-en les champions !
  • l’interdiction effective du trafic de transit, avec des contrôles et de vraies sanctions (pas des petites amendes qui coûtent moins cher que le péage) ;
  • Quand on est responsable politique, on ne reste pas les bras croisés, on assume les erreurs de jugement quand on a des faits qui démontrent le contraire. Il faut s’adapter à ce siècle.

C’est un revirement qu’on voit venir de la part de Nicolas Mayer-Rossignol, et du PS, depuis quelque temps déjà. Et nous saluons ici, dans le collectif, le courage de dire la vérité, plutôt que basculer dans la facilité de la soumission aux lobbies. Il n’y a pas de solution magique et court-termiste (et électoraliste) qui soit durable et qui réponde aux besoins des habitants. L’infrastructure magique, qui ne promet que d’apporter du trafic supplémentaire… et qui coûtera bien plus que les 886 M€ HT, comme l’estime lui-même l’ancien président de région.

Certes, nous sommes en période électorale, mais il semble qu’il y ait désormais des causes communes entre les écologistes, largement avant-gardistes, et toute la gauche.

Merci à NMR d’abord pour cette profonde remise en cause, basée sur les faits, les preuves que nous portons depuis des années. Eux-mêmes basés sur des données publiques et les coûteux retours d’expérience. Et non des « nous pensons que… », « il est urgent de… », « c’est utile, indispensable et nécessaire… ».  Ça, c’est un travail de lobbyistes.

Les gens ont besoin de vraies solutions, pas qu’on leur pique leur pognon. Vite fait, mal fait.

Jean-François Bures : pas besoin d’arguments, ils sont « assez usés ».

Tous les arguments, les uns des autres, on les connaît. On s’est affrontés, en mairie, à la métropole, et ils sont assez usés. Il semblerait que l’équipement, voilà, va se faire, il est financé. Et puis moi, je suis un vrai gros pollueur, je suis obligé de sortir de la ville, régulièrement. Sortir, rentrer dans la ville, je suis obligé, donc je mesure au quotidien les bouchons, en particuliers sur le rond-point des ex-vaches […] jusqu’au pont Mathilde, c’est quand même une nuée de camions, de 38 tonnes, et qu’on ne me dise pas que ces camions ne rentrent pas en ville. Ils ne contournent pas la ville, ils ne rentrent pas en ville, donc ils n’ont rien à faire ici. C’est peut-être déplacer la pollution, mais je souhaite que les Rouennais puissent respirer convenablement.

Le directeur général de Las Mobili France (mobilier de bureau, open spaces…), à Neuilly-sur-Seine doit effectivement faire la navette entre Rouen, où il est conseiller départemental, et Neuilly. Il voit des nuées de camions qui n’ont rien à faire là : ils ne contournent pas la ville, et ils ne rentrent pas en ville, alors oui, que diable font-ils là ? Que ne vont-ils faire de la planche sur la plage plutôt que d’embêter le conseiller départemental en charge de l’emploi et de l’économie à charger et livrer, sur le port, la zone industrielle, l’industrie chimique, les plateformes logistiques, les centres d’affaires, les commerces, les supermarchés, les administrations, bref la métropole ?

L’immense majorité des poids-lourds, c’est du trafic interne, et ensuite c’est moitié-moitié du trafic d’échange (entre l’agglomération et zones situées hors de la métropole) et du trafic de transit.

Mais là, sur le transit, les poids-lourds comme les véhicules légers, 90% de celui-ci se réalise entre l’Est et l’Ouest. Autrement dit l’A13. Pour les Poids-lourds, Paris – le Havre, Caen, Bretagne, province.

Et la volonté, tant de la métropole que de la région, et on le voit, du département, pour tenter d’enrayer le déclin économique avec le développement de la logistique.

Autrement dit, plus de poids-lourds. Et même Amazon ne va pas réduire le nombre de poids-lourds, comme essaie de l’expliquer le député LREM Damien Adam. Mais plus de camions en échange entre l’agglomération et la zone d’achalandise de cet énorme centre de distribution. Soit les départements limitrophes (Eure, Calvados, Seine-Maritime, Orne…). La Picardie a déjà son centre de distribution à Boves, près d’Amiens.

Donc, l’honnêteté dont parlait M. Mayer-Rossignol consisterait à dire aux habitants : oui, nous aurons plus de camions dans l’agglomération, mais on le fait pour le développement économique, passant de la production à l’import international et à la distribution (entre autres de produits chinois…).

Quant à dire qu’il n’y a pas besoin d’arguments, qu’ils sont « usés », disons-le tout net : il sont faux, biaisés. Le public, les électeurs ont le droit à la vérité. Sinon, c’est malhonnête, comme le dit Nicolas Mayer-Rossignol.

Lionel Descamps, LFI : on n’a jamais autant parlé d’écologie, en allant en fait vers toujours plus de pollution et d’émissions de GES. On repeint en vert le système, on ne le change pas.

« On ne fait pas plus de pistes cyclables pour qu’il y ait moins de vélos. De même, si on met plus de routes, plus d’autoroutes, il y aura plus de voitures. »

L’A133-A134 n’est pas un contournement de la ville de Rouen, c’est un contournement autoroutier de la région parisienne pour les poids-lourds. [l’Île-de-France ne participe pas au financement de l’infrastructure, pas plus que l’Europe, NDR].

LFI propose un plan de ferroutage pour tous les poids-lourds en transit.

Le trafic de Rouen serait-il diminué du fait de la construction d’une autoroute ? La majorité des déplacements sont des déplacements interurbains. Il faut solutionner la question des déplacements courts en auto, plutôt qu’en s’attaquant aux poids-lourds.

Quelles sont les conséquences environnementales du projet ?

  • L’artificialisation des sols va continuer, alors que la métropole projette l’artificialisation de 2020 hectares de terres ;
  • il y aura toujours plus de pollution et de gaz à effet de serre ;
  • l’Agence de l’eau s’interroge sur la pérennité de plusieurs captages d’eau, autour de ce projet d’autoroute. Ces captages sont fortement vulnérables, cette autoroute pourrait dégrader la qualité de notre eau ;
  • la relocalisation de l’activité : il faut des terres agricoles pour les cantines, mais l’autoroute va détruire 516 ha de terres naturelles et agricoles.

C’est un coût écologique très élevé, mais aussi un coût financier très élevé. L’argent doit être investi dans des transports écologiques et non-polluants.

Marine Caron, ex-UDI : envoyer les usagers Rouennais sur une autoroute éloignée (et à péage) pour libérer de la place pour les cyclistes.

1972, elle n’était pas née, mais c’est à ce moment qu’ont commencé les échanges et questionnements à propos de ce contournement Est de Rouen, A133-A134.

Sauf que c’est faux, comme on peut le constater ici, ou . C’est soit une méconnaissance totale du projet de 1972, soit simplement une contre-vérité. En 1972, c’était une autoroute A15 en plus de l’A13, qui reliait les 3 ports HAROPA, une rocade à l’Ouest, et un shunt entre les deux autoroutes A13 et A15 à l’Est.

Pour Marine Caron, c’est un projet qui concerne le territoire national et l’Europe (qui ne met pourtant pas un seul euro dedans), pour les flux de transit à l’échelle de ce grand territoire (donc du tout camion Nord-Sud passant par Rouen, NDR).

Il y a eu des débats (?), concertation (rappelons-le : avec un public massivement opposé, hormis quelques représentants des CCI), enquête (toujours avec une opposition massive de la population envers ce projet, hormis les milieux économiques), des recours (en cours), et « on arrive à quelque chose qui est assez rare », dit la conseillère départementale, « c’est que toutes les collectivités, ici, dans notre territoire, se sont mises d’accord pour avancer ensemble. Ici, localement, c’est à dire la Région, la métropole et la Seine-Maritime. »

A ce qu’on sache, l’Eure fait partie de la Région Normandie, et a voté à l’unanimité contre ce projet, et refusé de le financer. D’une phrase, Marine Caron a tout simplement écarté l’Eure de tout pouvoir de décision concernant un projet qui la traverse.

« Aujourd’hui, la déclaration d’utilité publique a été publiée, et ce projet, même s’il y a encore des recours, devrait voir le jour ». C’est faire bien peu de cas de la décision du Conseil d’État…

Même si nos usages et modes de déplacements ont évolué et peuvent être questionnés, l’enjeu, c’est quel développement, quelle attractivité, quelle sécurité routière, quelle santé publique ? Marine Caron prend l’exemple de la ville de Rouen. Quand le pont Mathilde a fermé, on s’est aperçu des conséquences sur les déplacements. Quand un camping-car ou un camion s’encastre dans une trémie sur les quais rive droite, il y a le tunnel de la grand-mare et la Sud III qui sont bloqués.

Heureusement, les cas de camions encastrés dans les trémies sont rares, et ceux-ci n’ont pas le droit d’y être. Que ne sont-ils contrôlés et verbalisés avec de fortes amendes ? Marine Caron veut-elle interdire le trafic de camping-cars en ville, et les obliger à emprunter une autoroute à l’Est quand ils se rendent peut-être au bord de la mer, avec une étape à Rouen ?

Quelle qualité de vie pour le Rouennais, en termes de respiration, de pollution, de « congestionnement », d’embouteillages ?

« Ce contournement Est dont on parle depuis 50 ans » (c’est faux ! « est un des sujets et une solution. Oui », dit elle, « on ne fera que déplacer, certainement, la pollution, mais par rapport à la question environnementale, à l’acceptabilité, il y a aussi beaucoup de choses à faire, par rapport à des conceptions urbanistiques qui s’intègrent à la fois aux paysages naturels, forestiers, urbains qui l’accompagnent. »

Est-il utile de rappeler à la conseillère que s’intégrer n’est pas désintégrer. Ce sont des centaines d’hectares de forêts, de terres agricoles, de prairies et zones humides qui seraient détruites. Et accompagner l’autoroute de « conceptions urbanistiques », c’est détruire encore plus de terres naturelles au profit de zones pavillonnaires.

Si l’on veut protéger durablement le foncier agricole, il faut que les élus aient le courage, entre l’ouvrage, s’il doit se faire, et la zone urbanisée, que ce soit classé durablement en zone agricole. Durablement. Cela veut dire que, pour éviter les effets d’opportunité, une route qui se fait, et où chacun se dit : entre la route et la ville, ça devient du terrain à construire. Il faut qu’on ait le courage de dire que cela devient du terrain agricole protégé. Il faut qu’on aille jusque là. Et ça, c’est une responsabilité d’élus.

Emmanuel Hyest, SAFER

L’infrastructure est « vitale » pour le développement économique de notre territoire. Que ne l’a-t-on entendu de la part des CCI. Mon Dieu, on va tous mourir si l’on n’a pas une nouvelle autoroute !

On a évoqué le sujet des autres modes de déplacement, de « l’intermobilité », d’intermodalité, dit-elle. « De notre point de vue, c’est tout à fait complémentaire, c’est que, si on permet d’avoir ce contournement Est, pour reprendre le sujet d’avant sur les vélos, cela permettra de libérer des voitures, de la retirer de la ville, et de fait d’y ajouter de nouvelles pistes cyclables. »

Le raisonnement est simple, simpliste même : les Rouennais se déplacent en voiture, on met une autoroute qui permet de relier Isneauville au rond-point des vaches, les usagers qui empruntent la N28 et le tunnel de la Grand-Mare pourront se rendre au rond-point des vaches – après 28 km d’autoroute à péage – puis se rendre sur leur lieu de travail via le boulevard industriel, la Sud III,… A l’envers, les usagers de la rive gauche pourraient rejoindre le rond-point des vaches, rouler 28 km sur l’autoroute à péage, puis emprunter la N28 et le tunnel de la Grand-Mare pour rejoindre leur lieu de travail.

Hop ! Il n’y a plus de voitures en ville, on peut réaliser des pistes cyclables avec tout l’espace récupéré, et les Rouennais se rendent au boulot à vélo.

Et tout cela est dit sur un ton docte et sérieux. Sérieusement ?

Jean-Louis Louvel, LREM, n’arrive pas à comprendre comment on peut décongestionner Rouen, avec sa problématique de franchissement de la Seine, sans mettre en place le contournement Est.

Il n’ y pas de plan B. Sans l’autoroute, pas de solution pour les déplacements.

Autrement dit, si les Rouennais votent pour lui, et que le projet d’autoroute ne voit pas le jour, les Rouennais seront condamnés à la congestion, car il ne comprend pas comment faire, et ne saura pas quoi faire. C’est lui et l’autoroute, ou bien, s’il est élu, lui et la congestion urbaine.

« [Il] n’arrive pas à comprendre. » Évoquant l’électromobilité, même à vélo, du fait des conditions d’extraction du lithium (on peut aussi remettre en cause les conditions d’extraction du pétrole, conventionnel – inshore, offshore -, bitumineux ou de schiste), il estime que tout le monde « demain matin » ne pourra pas faire du vélo.

Ce n’est pas possible sans électrique. Le changement, ça s’accompagne. On ne pourra pas avoir demain matin une ville piétonne. Ce n’est pas possible. Il est d’accord sur le fait qu’il faut rééquilibrer les déplacements en faveur des piétons et des vélos. Mais sans contournement Est, il ne voit pas comment tout cela serait possible. Sans contournement Est, on ne pourrait pas éviter le transport de marchandises industrielles et parfois dangereuses.

Sauf que ce qu’il ne dit pas, c’est que les opposants au projet ont demandé à la Dreal quels seraient les plans de circulation pour les matières dangereuses avec le contournement Est, la réponse est un silence absolu. Pas de plan. Ne serait-ce que la traversée du viaduc sur la Seine, qui passe au dessus des habitations, au-dessus de la voie ferrée, et qui grimperait de la Seine jusqu’en haut des coteaux, aux Authieux-sur-le-Port-Saint-Ouen.

Pour lui, s’opposer au contournement Est est un non-sens, pour des raisons d’accessibilité, de stationnement et de soutien aux commerces.

Sans doute pense-t-il que les usagers préfèreront faire un long détour payant pour arriver à l’une ou l’autre entrée de l’agglomération (Rd-Pt des vaches ou N28), que les usagers vont aller se garer sur des aires d’autoroutes, ou que l’autoroute donne des accès aux commerces du centre-ville.

Toutes les collectivités, sauf l’Eure, se sont mises autour de la table pour le financer. Sauf l’Eure, sauf l’Île de France, et sauf l’Europe, pour ceux qui penseraient encore que l’autoroute est d’intérêt européen.

Certes, selon lui, l’autoroute nuit à l’environnement. Mais il faut regarder tout le rapport qu’on a de l’autre côté. Pour le BTP ? Les actionnaires ?

Il conclue en expliquant que si l’autoroute coûte si cher (1 112 400 000 euros valeur 2019 TTC), c’est parce que l’autoroute passe en lisière des forêts, et non pas de traverser, pour la biodiversité, de tout dégrader et de tout détruire.

Qu’il vienne en forêt de Bord, où la lisière, c’est la forêt, qui sera détruite dans cette partie, et l’autoroute sera la nouvelle lisière. Les compensations ? Racheter des forêts privées pour les transmettre aux domaines. De la destruction.

Quant au coût s’il est dépassé, le surcoût sera assumé par les collectivités, les contribuables. Et non le concessionnaire (source Dreal).

Si vous voulez voter pour un maire qui ne saura pas quoi faire pour les Rouennais s’il n’y a pas de contournement, votez Jean-Louis Louvel.

Jean-Michel Beregovoy, EÉLV. Le préfet a annoncé une bonne nouvelle : « Si les politiques ne soutenaient plus le projet au sortir de cette élection, alors l’État pourrait changer sa position. »

Et pour lui, l’État veut changer sa position. Ça coûte trop cher. Financièrement, et politiquement.

Pour financer, l’État invente la concession perpétuelle. Et s’il ne manquait que 1000 véhicules à l’objectif, 30 000 véhicules/jour, ce serait aux collectivités locales de subventionner encore.

Il faut réfléchir aux alternatives. Il y a celle du contournement Ouest, Pucheuil A28-A29-A151-A150. Moins cher et moins de km qu’un contournement Est. Il existe, et il n’est pas pris. Même s’il reste quelques aménagements autour du pont Flaubert. En effet, les camions vont au port : à l’Ouest. Sans écocide, car ce ne sont pas des terres naturelles.

Il faudrait financer le projet 4 fois :

  • Par l’investissement (66 M€ HT par la métropole, 22 M€ HT par le département 76, 157 M€ HT par la Région, et 245 M€ HT par l’État, plus d’éventuels et prévisibles surcoûts) ;
  • la deuxième fois par le péage ;
  • la troisième fois par les subventions d’équilibre si les objectifs de trafic n’étaient pas atteints ;
  • et quatrièmement par les mesures de compensation et corrections liées aux incidences sur l’environnement et sur les captages d’eau.

C’est un projet du 20ème siècle, un projet dépassé, il faut réenchanter Rouen, et faire en sorte que ce contournement ne se fasse jamais. Il veut faire de Rouen le territoire le plus exemplaire, pas seulement de France, mais de l’ensemble de l’Europe en matière de qualité de vie et d’environnement.

Guillaume Grima, Effet de Serre toi-même.

Encore merci à Effet de Serre toi-même pour ce débat environnemental avec la plupart des candidats aux municipales de Rouen.

On l’a vu, à droite, avec pas ou peu d’arguments, parfois simplistes, c’est oui au contournement Est, parce que c’est un projet de 50 ans (c’est faux), et que le principal candidat, celui qui a réussi à décrocher l’étiquette LREM, ne sait pas faire comment rendre Rouen vivable s’il n’y a pas de contournement. Et quand bien même il y aurait cette autoroute à péage et que celle-ci était un énième échec, à l’instar de l’A28 ou de l’A150, et bien, il n’aurait pas d’alternative pour rendre la ville plus vivable et vivante.

Que conclure ? Le contournement est un projet de la droite et de l’extrême-droite, les écologistes et désormais toute la gauche se positionnant contre le projet d’autoroute à péage.

Conclusion : à vos votes !

 

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